1er dimanche du carême (A) – 22 février 2026
Abbé Jean Compazieu | 15 février 2026Trois tentations

Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie
Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent plus très bien ce que c’est. Beaucoup pensent d’abord aux privations : on jeûne… on ne mange pas de viande… Les enfants ajoutent qu’on ne mange pas de bonbons…
Oui, bien sûr, tout cela peut faire partie du Carême. Mais ces privations ne sont que des moyens. Le véritable but de ces quarante jours c’est de nous débarrasser. Notre seule priorité c’est Jésus mort et ressuscité. Quand on a compris cela, tout le reste est accessoire. Nous sommes invités à nous éloigner des bruits du monde et à nous libérer des bagages qui encombrent. Le Carême n’est pas une période de manque mais un temps de retrouvaille avec le Seigneur qui n’a jamais cessé de nous aimer.
Les textes bibliques de ce dimanche nous apportent un éclairage lumineux. Le récit de la Genèse (1ère lecture) nous dit que l’homme a été créé pour le bonheur, la paix et la joie. Dieu veut notre bien et celui de notre monde. Mais le tentateur cherche à nous détourner de Dieu. Il veut nous faire croire que Dieu a de mauvaises intentions sur nous. Ce n’est là que mensonge. Au désert, le peuple d’Israël a fait l’expérience de serpents venimeux. Le soupçon porté sur Dieu est un poison mortel qui empoisonne nos vies.
Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous voit nous enfoncer dans le péché et nous détourner de lui. En ce début du Carême, il nous adresse un appel solennel : « Revenez à moi de tout votre cœur… » C’est une supplication pressante de notre Dieu. Il ne veut que notre bonheur. Toute la bible nous dit qu’il est « tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ». Dieu n’est pas là pour nous punir mais pour nous sauver et nous combler de ses bienfaits. C’est avec lui que nous trouvons la joie d’être pardonnés. Et du coup, nous retrouvons l’intimité avec notre Dieu. Et nous pourrons rendre grâce pour cette merveille qu’il réalise dans notre vie.
Voilà ce chemin qui nous est proposé. Mais sur ce chemin, nous rencontrons la tentation. L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus y a été affronté. Derrière ces tentations, il y a quelqu’un : La bible le nomme « le diable ». Il est celui qui cherche à faire tomber l’homme. Il est présent dans toutes les luttes de notre vie et n’en démord pas. Jésus a été tenaillé par la faim. Mais il a refusé de céder à la tentation de posséder et de consommer. Il est le Fils bien-aimé du Père et il veut lui rester fidèle jusqu’au bout. Il répond par un rappel de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu… »
Jésus sait très bien qu’avec Satan, on ne peut pas dialoguer. Il choisit de se réfugier dans la Parole de Dieu. Nous l’avons entendu : Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme. Manger c’est vital. Être en accord avec Dieu est encore plus vital : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ». Ne le provoque pas. À Dieu seul, tu rendras un culte… Ne te prosterne pas devant les idoles, devant les personnes et encore moins devant le diable. Ces tentations sont aussi appétissantes que le fruit défendu de la Genèse. À nous de choisir si nous voulons vivre en enfants de Dieu et être en relation de fraternité entre nous. Si nous choisissons de marcher à la suite du Christ, nous vivrons ; sinon c’est la jungle.
Jésus a résisté au tentateur et celui-ci a fini par le quitter. Le Seigneur nous montre comment faire face à toutes ses attaques. Il nous invite à nous réfugier, comme lui, dans la Parole de Dieu ; les Écritures nous ouvrent le cœur de Dieu. Leur méditation, leur mise en pratique auprès de nos frères nous rapprochent de Dieu. C’est avec lui que nous trouverons force et courage dans notre lutte contre le mal. Avec le Christ, nous apprendrons à rejeter toutes les publicités mensongères qui courent à travers le monde et nous détournent de l’Évangile. La Lumière de la Parole de Dieu nous est offerte pour éclairer notre vie.
Si nous approfondissons un peu plus les Évangiles, nous découvrons une bonne nouvelle : Tout ce que le diable lui promet, Jésus l’obtiendra de son Père : ce sera l’événement de la multiplication des pains, puis la résurrection d’entre les morts au matin de Pâques. Mais tandis que le diable lui offre de posséder tout cela immédiatement, Jésus ne veut le recevoir que de son Père, en acceptant la voie douloureuse qui l’établira en Messie glorieux.
À chaque Eucharistie, le Seigneur ne demande qu’à nous nourrir du « Pain vivant descendu du ciel ». Il nourrit la foi ; il fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer. Puissions-nous, tout au long de ce Carême à avoir toujours faim du Christ, seul Pain vivant, et de toute parole qui sort de sa bouche.
Sources : Revue Feu Nouveau, Pensées sur l’Évangile de Matthieu (Christoph Schonborn), François selon saint Matthieu,dossiers personnels…
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Le Mercredi des Cendres marque le début du Carême, une période de quarante jours pour préparer notre âme à célébrer Pâques. Ce temps liturgique nous incite à retrouver notre chemin intérieur pour aller à la rencontre de Dieu. Un temps favorable au ressourcement pour réveiller notre spiritualité. Une période propice pour retrouver du dynamisme et repartir d’un bon pas à la suite du Christ. Une nouvelle aventure spirituelle à revivre chaque année !
« Jésus fut conduit au désert par l’Esprit » (Mt 4:1). L’Évangile du premier dimanche du Carême nous invite à suivre Jésus dans le désert. Cette immensité sereine a toujours fasciné les hommes en quête d’absolu. Cet espace isolé, loin de tout, nous donne la sensation d’être coupés du monde. C’est un lieu à la fois refuge et épreuve. Un lieu où l’on ne pourra jamais se targuer d’en avoir exploré l’intégralité ! Par sa solitude dépouillée, le désert provoque un réveil vivifiant où tout est remis en question. Y pénétrer, c’est s’éloigner de la foule pour mieux se retrouver. Seul à seul avec soi-même. Face à face avec Dieu !
Le symbole du désert met à nue nos instincts primitifs devant le Seigneur. Cet horizon qui s’étend à perte de vue nous ramène à notre véritable nature. Ce passage au fin fond de nous-mêmes nous dévoile les secrets cachés de notre être. Il nous prépare à une entrevue spontanée avec Dieu. En tête-à-tête avec le Seigneur, nous réexaminons notre parcours de foi avec franchise et sans détour. En quête d’un renouveau spirituel, notre cœur s’ouvre dans une vraie rencontre avec Lui. Dans la sérénité de l’âme, Dieu nous révèle de nombreux pièges tendus par ‘le tentateur’ sur notre chemin de vie. Ce séducteur essaie de nous entraîner dans le mirage des faux besoins. À tout va, il étale devant nous toute une multitude de choix, tous aussi attrayants les uns que les autres. Il nous persuade de chercher ce qui semble avoir le plus de valeur à nos yeux : le confort matériel et le pouvoir dominant.
Imperceptiblement, embarqués dans ces miroitants trompe-l’œil, la soif d’acquisition, de plaisir et d’autorité font de nous des esclaves. Des miroirs aux alouettes, étincelants mais trompeurs. Des chimères qui nous font croire que nous pouvons profiter d’un bien-être sans contrainte. Et sans faire attention, on se laisse facilement prendre au jeu. Nous pensons être plus heureux en accumulant toujours davantage… Ainsi encombrée, notre âme n’a plus de place pour Dieu. Notre cœur s’assèche et reste indisponible aux autres ! La soif de posséder nous renferme sur nous-mêmes. Les valeurs essentielles sont remises au second plan.
Chaque année, le temps du Carême nous invite à retrouver notre chemin vers Dieu. Ce temps liturgique nous offre de nouvelles perspectives pour réveiller notre spiritualité. Des moments de recueillement nous aident à reconsidérer les choix qui déterminent notre parcours de vie et également à revoir nos priorités pour nous recentrer sur l’essentiel. Une période propice pour renouveler notre foi et nous réconcilier avec Dieu. Simplifions notre mode de vie. Une certaine modération au bien-être personnel nous est demandée pour nous détacher de tout ce qui nous alourdit. Nous serons plus disponibles à la Parole de Dieu et à l’écoute de nos proches. Renouons avec les forces de l’amour et du service. Ouvrons nos bras et notre cœur à notre entourage. Faisons un pas de plus vers ceux que Dieu met sur notre chemin.
Tout au long du Carême, les célébrations nous font revivre la Passion du Christ. « Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. » (Mc 10:33-34). Cependant, ce temps liturgique ne doit pas nous enfermer dans le dolorisme. Le chemin de Croix, ce déchirant parcours qui conduit Jésus à une mort douloureuse sur la Croix, ne doit pas nous voiler la Lumière de sa Résurrection. La Passion du Christ n’est qu’une traversée du tunnel. La lueur de Pâques pointe à l’horizon ! Elle se manifestera dans toute sa splendeur à sa Résurrection.
Par le don généreux de sa vie, le Christ nous ouvre sur l’immensité du mystère de la Rédemption : le triomphe de l’Amour ! L’Amour dans toute sa grandeur. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jn 15:13). En réponse à l’Amour du Christ, emboîtons ses pas. Ouvrons-nous aux autres, même si cela nous oblige à faire un certain sacrifice. Ce chemin nous conduira à la vraie Vie. « Qui aime sa vie la perdra ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » (Jn 12:25).
Nguyễn Thế Cường Jacques